© 2019 Flavie L.T
 

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“Tout se transforme”

Lavoisier, Traité élémentaire de chimie, Paris, Cuchet, 1793

 

         Description d’une partition : lignes,espaces entre les lignes, notes indiquant à la fois des quantités, des tonalités et des rapports dans le temps. 

Transcrit à l’échelle d’un corps confronté à une forme, ce vocabulaire emprunté à la musique traduit bien la recherche de Flavie L.T : d’une part des formes conçues pour semer le doute. D’autre part des propositions d’organisation spatiale qui instituent des rythmes s’adressant à la fois au pas et au regard.

 

       Les formes, tout d’abord : modulaires et récursives, familière mais ambiguës de par leur échelle ni trop grande ni trop petite, formellement simples mais souvent à la structure trompeuse. À l’image des triangles des Percussions, outils pour une musique du regard dont la partie manquante suffirait à instiller le paradoxe dans la géométrie et le Diabolus in musica. Ou dans elles ne sont pas parallèles., dont les arches ni portatives ni monumentales sont les traces d’un manque infligé à une spirale effacée, ou peut-être libérée de la contrainte de sa propre symétrie.

 

    Les formes et l’espace, ensuite : topographies orchestrées pour contraindrele corps et rythmer le pas, à l’origine d’une gymnastique perceptive, où perspective et anamorphose, harmonie et contre-points renégocient leurs domaines de compétence respectifs. Ici, tout est question de points de vue et de regards signifiants portés sur l’espace : ces formes qui nous parlent d’une construction imminente pourraient tout au contraire en être les ruines, ces photographies qui nous ouvrent des fenêtressur le paysage – dehors ou ailleurs – pourraient aussi être les témoins d’un monde qui se dérobe ou se reconstruit par le regard. Ici, tout est question d’équilibres instables de formes et de poids, selon un vocabulaire gestuel direct : poser, superposer, appuyer, découper, écarter, couper.

 

En tension, entre les formes et l’espace : la sculpture.

 

Viviana Birolli.

critique d’art indépendante

texte pour le fanzine de l'expostion Intervalles